Paix
July 18th, 2009Le temps efface tout, la douleur. Le temps efface tout, même nous.
“Morte et enterrée.” Je regarde son image sur mon écran. Je vois de l’autorité et de la détermination. Sur ses traits, je ne lis pas le désespoir ou la défaite.
Combien de temps cela prend-il, d’être rongé par le doute, le chagrin? Connait-on les êtres si mal, si peu, que l’on ne sache s’ils ont voulu mourir ou non?
Je me dis que la seule personne à peut-être savoir, est sa paire, désormais dépareillée…
Elle est morte. J’étais loin. Elle est enterrée. Je suis restée loin. Nous n’étions pas proches; nous ne le serons plus jamais.
Si jamais je pleure aujourd’hui, ce n’est ni pour elle ni pour moi, mais pour ceux qui contrairement à elle et moi étaient ses proches et sont aussi les miens.
*
Pour oublier le drame, je me bats chaque soir avec des frites, parfois jaunes, parfois mauves, rouges ou bleues, géantes, caoutchouteuses et insubmersibles… aux côtés de son fantôme.
Drôle de coïncidence: je suis allée noyer le chagrin à l’endroit même où flotte son sosie.
Et si c’était un signe? Je sais qu’il n’y a pas de signe; rien, que le souvenir.

July 19th, 2009 at 8:26 pm
Je ne veux pas vous porter la poisse, mais c’est mon devoir de lecteur de vous prévenir. Mademoiselle Maxime, je ne sais pas dans quel restaurant vous travaillez pour payer vos études de lettres, mais cette histoire de frites mauves risque de mal finir.